samedi 27 septembre 2014

Le plus grand cimetière sous-marin



Le Lagon de Chuuk (aussi nommé, Lagon de Truk), est un petit atoll de Micronésie perdu dans l'océan Pacifique, à 1300 km au nord-est de la Nouvelle-Guinée. Il a cependant acquis une certaine notoriété pendant et après-guerre, puisque constituant la base la plus importante de la marine impériale Japonaise, pour devenir par la suite le plus important cimetière sous-marin, avec les épaves de plus de 60 bateaux et des centaines d'avions...

Ce petit archipel de 2130 km² était en effet la base privilégiée des Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale, constituant un centre de ravitaillement et de réparation, qui permettait aux japonais de porter leurs attaques loin vers le l'Est, l'Ouest et le Sud, vers, notamment, la Nouvelle Guinée, les îles Marshall et les îles Salomon. Ce petit coin de mers et d'îles en forme de port naturel, protégé par un récif de plus de 200 km, s'est transformé en véritable forteresse avec l'invasion (antérieure à la guerre proprement dite) japonaise, jusqu'au 17 février 1944, lors de l'opération américaine Hailstone, durant laquelle une armada de près de 70 bâtiments de guerre et 600 avions déferla sur l'atoll.

9 porte-avions (4 légers), 7 cuirassés, 10 sous-marins, et 45 autres navires de guerres (destroyers, croiseurs,...), assistés de 589 chasseurs et bombardiers coulèrent 6 croiseurs japonais, 3 destroyers, 2 ravitailleurs de sous-marins, 3 autres navires de guerres plus petits, et une flotille de 32 navires marchands. 270 avions japonais furent également abattus, tandis que les pertes côté américain s'élevaient à peine à 25 avions abattus et 40 morts. 4000 à 5000 hommes auraient péri au cours de l'attaque, dont on peut par ailleurs voir certains restes macabres dans les abysses.

Nombre de ces bateaux et avions reposent désormais au fond du Lagon, qui en font aujourd'hui un lieu touristique très apprécié des plongeurs, sur lequel le Commandant Jacques-Yves Cousteau avait réalisé un reportage dès 1969. L'eau cristalline révèle des épaves quasi-intactes d'une flotte fantôme constituée de près de 60 navires et 275 avions, parfois à moins de 50 mètres de fond. Sur les plus gros bateaux, les cargaisons perdues de tanks, de buldozers, de munitions d'armes et de bombes, s'effacent peu à peu alors que la nature reprend ses droits, Le site est ainsi devenu un étrange paradis recouvert au fil des années par le corail, et où évoluent raies manta, tortues et requins, au milieu des bâtiments et des armes de guerre consumées par le temps.